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10 minutes de lecture (1926 mots)

Voyage de Odin à la recherche des Runes

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  Voici l’histoire du voyage de Odin à la recherche des Runes que contaient, au coin du feu, les Scaldes chez les Anciens :

Le monde était créé et Yggdrasill, l’arbre du monde, resplendissait dans sa verdure éternelle. Un rameau jaillissait vers l’est pour devenir ensuite un arbre aussi sacré et vénéré que son père. Une servante en prenait soin avec beaucoup d’amour. Elle aimait tant son arbre qu’elle s’unissait à lui, corps nu contre tronc.
Durant neuf lunes, l’arbre garda un secret qu’il nourrissait de sa sève merveilleuse, et au terme de la neuvième lune, l’écorce de l’arbre s’ouvrit pour laisser sortir un être, un Dieu, Odin, qu’on appelle aussi Wotan.
Yggdrasill lui offrit la puissance des vents et deux corbeaux qui vivaient dans ses branchages. Huginn, le corbeau de la pensée, et Muninn, le corbeau de la mémoire qui devinrent les fidèles messagers du Dieu, ce qui lui vaudra le nom de « Hrafnagud » (le Dieu aux Corbeaux).

Freyja lui fit un autre présent : Sleipnir, le magnifique cheval à huit jambes. C’est le plus beau et le plus rapide des chevaux. Il galope partout : sur la terre, au-dessus des montagnes, dans le ciel, dans les profondeurs de la terre et des océans, au-dessus des vagues et à travers le feu.

Toujours dans sa Quête, Odin se rendit près de Mimisbrunn, la source qui recèle la sagesse et la connaissance. Près d’elle, siège la tête savante de Mimir, dotée d’une profonde sagesse car émanant d’un géant sage entre les sages. Mimir fut décapité par les Vanes lors de la guerre originelle contre les Ases. Odin sauva la tête grâce à des plantes magiques. Ainsi, elle continue à lui transmettre son savoir. Il est en quelque sorte son Leikur (mentor). Mimir lui parla des signes sacrés qui détiennent la Vérité sur les secrets du Mystère. Mais nul ne pouvait y accéder, ni les Dieux, ni les humains, car il y a des secrets que l’on ne doit pas connaître. Seules les Nornes, les trois Déesses du Destin en ont le savoir. Odin savait qu’il ne pouvait pas y accéder, mais, poursuivant vaillamment sa Quête, il décida alors de partir en voyage, en quête de ces signes sacrés, chevauchant Sleipnir pour quitter Asgard en compagnie de ses corbeaux Huginn et Muninn. Il emprunta Bifröst, le pont arc-en-ciel, pour se rendre dans Yggdrasill.

Il y croisa des animaux fantastiques. Sur une des plus hautes branches se tient Niflör, l’aigle des brumes qui a un grand savoir. Ses ailes sont si grandes que lorsqu’il les déploie, la nuit semble tomber sur le monde entier. Sur son bec, il y a le faucon Vedrfölnir, il est la double vision de l’aigle. Puis il y a les cerfs Dainn, Dvalinn, Durathror et Duneyr qui courent dans les branchages de l’arbre et broutent des pousses, la tête et le corps à la renverse. Odin vit l’écureuil Ratatosk qui court sur le tronc de l’arbre de bas en haut et de haut en bas pour rapporter les propos échangés entre l’aigle Niflör et le dragon Nidhöggr qui est au Niflheim. Monde des brumes et des ténèbres, il réside en son centre Hvergelmir, la source-mère de toutes les rivières, dont les Elivagar qui ont participé à la création du monde. Cette source se trouve près d’une racine d’Yggdrasill, celle qui est rongée vainement par le dragon Nidhöggr pour détruire le monde. Il est dit que Nidhöggr va plus vite quand il y a une éclipse. Il est accompagné des serpents Moinn, Goinn, Grafvitnir, Svafnir, Grafvölludr, Grabakr, Ofnir.

Odin commença sa Quête sur Midgard, là où vivent les humains. Il interrogea les pierres, les montagnes, les arbres, les plantes, sans jamais rien trouver. Il continua à rechercher les signes, il voyagea sans cesse, et au bout de trente nuits et trente jours, les corbeaux montrèrent leur fatigue. Odin décida de faire une halte à l’orée d’un bois. L’hiver avait recouvert la nature de son manteau blanc. Soudain, il entendit un grognement derrière lui. Un loup se tenait là, figé dans le froid, affamé. Odin entendit un autre grognement. Il se retourna, un autre loup se tenait là, dans les mêmes conditions que le premier. Odin avança sur Sleipnir, tandis que les corbeaux devançaient, conduisant les loups suivaient, jusqu’à un monticule.
Les loups en fouillèrent alors la neige pour mettre à jour le cadavre d’une vache dont ils firent un festin. Les loups, reconnaissants, ne quittèrent plus Odin, en fidèles protecteurs. Il les nommèrent Freki et Geri.

Odin se retrouvait donc avec cinq compagnons pour se rendre chez les humains.

Il se fit passer pour un voyageur sans laisser échapper la moindre information. Les humains le considérèrent comme un mendiant, un vagabond, un maître-loup. Odin découvrant la méchanceté gratuite et stupide des humains, il décida de quitter ces êtres qu’il surnomma « les singes mal avisés ».

Odin décida de se rendre avec ses compagnons au Ljösalfheim. Monde luxuriant, là où vivent les elfes et les fées. Odin reçut un fort chaleureux accueil au cours d’un festin arrosé d’un vin blanc au goût très doux. En effet, les elfes de lumière étaient honorés de recevoir le grand Dieu né de l’esprit de Burr et incarné en Yggdrasill. Il fut reçu par le Vane Freyr, le frère de la belle Freyja, Seigneur des elfes. Freyr siégeait nu sur un nuage accompagné du sanglier d’or Gullinborsti. Freyr ignorait tout des signes sacrés, mais il lui confia, en revanche, les secrets de la magie elfique.

Poursuivant son voyage, Odin se rendit dans le Svartalfheim, le pays des elfes noirs, dont Freyr est également Seigneur. Odin y reçut le même accueil qu’au Ljösalfheim. Les elfes noirs ne sont pas maléfiques comme il est prétendu, d’ailleurs on ne les distingue pas toujours avec les elfes de lumière. Ce sont des nains très habiles en forgerie, mais aussi des elfes à forme humaine. Ils fabriquent les armes et les objets magiques, ils ne sortent que la nuit de leur monde souterrain par crainte du Soleil qui les transforme en pierre. Les elfes noirs ne purent pas aider Odin qui se dirigea de nouveau vers Freyr qui se tenait nu sur un rocher, portant un torque en or autour du cou. Il demanda à Modsögnir, le chef des elfes noirs, de venir avec les présents préparés pour Odin, par les elfes Sindri et Brokk. De leurs mains, Odin reçut d’abord l’anneau d’or Draupnir, dont il découle huit autres anneaux d’or toutes les neuf nuits. Il reçut également la lance Gungnir qui déchire le ciel comme la foudre et ne rate jamais sa cible. Gungnir sait aussi guérir les blessures.

Après avoir remercié Freyr et les elfes, Odin poursuivit son chemin.

Il retourna au Mimisbrunn. Il se pencha pour scruter l’eau claire de la source.
Durant trois nuits.
Déçu, Il ne voyait jamais autre chose que le reflet de son visage et les étincelles de la nuit. Soudain, une goutte de sang perla dans son œil droit pour tomber dans la source. Il éclata de colère et partit se réfugier sous l’ombre protectrice de Yggdrasill.

Calmé, Odin se rendit avec ses cinq compagnons vers Asgard. Odin commença à réunir les Dieux pour leur demander de l’aider dans sa Quête. les Dieux refusèrent car c’était un désir sacrilège. Alors Odin demanda l’arbitrage des Nornes, ces trois Déesses, mi-fées, mi-sorcières, qui tissent la toile du destin, le Wyrd, avec les fils de vie de tous les êtres. La requête d’Odin est entendue par les Nornes, Urd, Verdandhi et Skuld. Elles demandèrent trois nuits pour prendre une décision. Au terme de la troisième nuit, les Nornes donnèrent leur accord, mais avec de terribles conditions. Odin les accepta. Ce sont en fait les plus hautes épreuves chamaniques.
Odin se rendit de nouveau à Mimisbrunn où il envisagea de boire l’eau de la source. Mimir regarda le Dieu sans rien dire. Pour boire l’eau de la source, il devait sacrifier son œil droit. Il le laissa s’enfoncer dans les profondeurs de la source et c’est alors qu’il vit le passé et le futur, le savoir, l’inspiration et la sagesse, la mémoire des mondes. Il obtint également le don de la clairvoyance.

Obtempérant à la deuxième condition des Nornes, Odin se pendit par un pied à Yggdrasill, au dessus de la source. Il ne put s’empêcher de montrer le poing aux Dieux et aux Nornes pour exprimer sa colère. En offrande à lui-même, à sa propre souffrance chamanique pour découvrir les Runes, il se perça le flanc avec Gungnir, sa lance. Il ruissela du sang de cette blessure tandis qu’en même temps les bourgeons de Yggdrasill se mirent à saigner. Seuls les corbeaux puisaient de l’eau pour asperger le corps en sueur du Dieu car il n’avait ni à manger, ni à boire. Les loups ne pouvaient que l’accompagner de leur chant de désespoir. Odin se mit à hurler, puis retomba, inconscient. Odin resta ainsi pendu pendant neuf nuits et neuf jours. Le vent du Nord se leva et bruissa dans les branches de l’arbre, ce qui réveilla Odin. Il se mit à hurler pour retomber ensuite ; puis il hurla de nouveau, il brassait l’espace avec les bras, en ramassant les Runes, ces signes sacrés, langage sacré du ciel et de la terre qui contient tous les secrets du Mystère de la vie et de la mort.

Remis de ses blessures et de ses souffrances, Odin grava les Runes puis les colora en les chantant pour les activer, ensuite il les gratta, et les mélangea avec de l’hydromel puisé dans le chaudron Oedhrerir. Il projeta ensuite la boisson chargée de puissance sur le monde entier. Odin s’est dépassé lui-même dans ces terribles épreuves. Il est le Dieu chamane, le Seigneur de la Magie, des Mots de Pouvoir. Il est devenu et le Prince du Pouvoir Gravé.

Odin enseigna ensuite les Runes aux Ases, mais aussi aux Elfes, à son ami Mimir qu’il surnomme Asvidhur.
Odin est un grand voyageur, il part sans cesse sur Sleipnir, avec ses corbeaux et ses loups. Il poursuit l’image de sa bien-aimée Dana, émanation de la Lune, dans les lacs, les étangs et les rivières pour la posséder au plus vite.
Son passage fait le vent, Odin va où bon lui semble, et comme le vent, on ne sait jamais où il va et d’où il vient. Il combat sans cesse pour garder ce qu’il a acquis, car il est le garant du destin du monde pour faire reculer le plus tard possible le Ragnarök.

Quand il ne voyage pas, il siège sur son trône Hlidskjalf, qui est au sommet de la tour d’argent Valaskjalf. De là, Odin voit tous les mondes, et ses corbeaux se posent sur ses épaules en fin de journée pour lui chuchoter tous les évènements du monde. Odin voit tout, il sait tout sur la double nature des humains et de tous les êtres.

Odin est le Maître de la Magie, le dieu-Chamane, il est le Dieu de l’inspiration, de la poésie, des sortilèges et des charmes, de la sagesse. En tant que chamane, Odin est le Dieu de l’extase, de la fureur sacrée qu’il transmet entre autres à ses guerriers, car Odin est aussi un Dieu de guerre. Odin est fascinant comme il peut être inquiétant, aussi sombre que lumineux, il guide et il inspire comme il peut user de ruse et être fourbe. Mais Odin est incontestablement le Seigneur des forces de lumière qui sont prêtes à affronter les forces du chaos, et il nous fait un don merveilleux : les Runes.

Galdar (extrait de mon livre en cours d'édition)
La véritable légende de Chasseloup
Les Dicts de la Corneille

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Commentaires 1

Invité - Galdar Sechador le dimanche 5 mai 2019 17:53

Grand merci Compagnonne, j'aime beaucoup l'illustration qui correspond bien au contenu. Galdar

Grand merci Compagnonne, j'aime beaucoup l'illustration qui correspond bien au contenu. Galdar :)
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vendredi 20 septembre 2019

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