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L'élue – Lois Lowry

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AngeAdmin mardi 18 juillet 2017 18:34


Résumé :

Dans un monde archaïque et violent qui rejette les faibles, Kira ne doit sa survie qu'à son don exceptionnel pour la broderie. Le Conseil des Seigneurs l'a choisie pour restaurer et achever la fabuleuse Robe sur laquelle est inscrite toute l'histoire de son peuple. Mais il lui faudra auparavant, avec l'aide du petit Matt, résoudre d'inquiétantes énigmes et retrouver le secret de la couleur perdue...

L'auteure :

Lois Lowry est née à Hawaï, en 1937, et à vécu à New York, en Pennsylvanie et au Japon. Elle a publié plusieurs livres en France dont Le Passeur (récompensé par le pris Tam-Tam en France et la Newbery Medal aux Etats-Unis) et la série des Anastasia.

Ce roman est le deuxième d'une tétralogie qui comporte tout d'abord Le Passeur (1993), puis Messager (2005) et Le Fils (2014). 


Vous trouverez une jolie critique ici : LE PASSEUR, tome 2 : L'ÉLUE de Lois Lowry


Extraits

« C'est une quadrisyllabe, Thomas. Ceux qui vivent assez longtemps pour avoir un nom de quatre syllabes savent tout. »


« Puis c'étaient, par pans entiers, des tourbillons de feu dans une gamme très riche de jaunes, d'oranges, de rouges – tourbillons qui réapparaissaient ici et là sur la Robe comme une sorte de leitmotiv de la Catastrophe. Sur ce fond de motifs compliqués où couraient les fils éclatants du feu destructeur, Kira distingua des figures humaines : une population décimée dont les minuscules villages avaient été réduits en poussière ; plus loin, il y avait des villes splendides, infiniment plus vastes qui avaient été elles aussi incendiées et anéanties à jamais par le feu. En quelques endroits de la Robe, on avait un sentiment de fin du monde. Et pourtant il émergeait toujours, à proximité, d'autres civilisations ; le monde repoussait ; d'autres peuples apparaissaient.

Catastrophe. Reconstruction. Catastrophe encore et encore. Renouveau. La jeune fille continuait à suivre du doigt les différentes scènes : au fur et à mesure que surgissaient de nouvelles villes, plus grandes, plus belles, la destruction poursuivait son œuvre, toujours plus étendue, toujours plus radicale. Le cycle était si régulier qu'il semblait obéir à un schéma très précis : c'était toujours le même mouvement de haut en bas et de bas en haut, pareil à une vague. La vague naissait dans un coin minuscule, là où la première catastrophe était apparue, pour grossir à l'infini. Plus les villages se multipliaient, plus les incendies se multipliaient. Tous ces villages, brodés à tous petits points – une combinaison de points différents – étaient encore minuscules, mais Kira les voyait croître sur la Robe ; elle voyait comment, à chaque fois, la catastrophe était plus radicale, et plus difficile la reconstruction.

Mais les images de la sérénité étaient exquises. Des fleurs miniatures aux mille et une nuances émaillaient des prairies striées de fils d'or comme autant de rayons de soleil. De petits personnages se tenaient embrassés. Au sortir du chaos torturé de l'histoire du monde, les motifs des époques paisibles donnaient une impression de profonde tranquillité.

Kira, qui suivait maintenant du doigt le tracé des nuages blancs teintés de rose contrastant avec le gris ou le vert des cieux pâles, fut prise à nouveau d'un désir de bleu. La couleur du calme. Qu'avait donc dit Annabella ? Qu'ils avaient du bleu là-bas ? Qu'est-ce que cela signifiait ? Qui étaient ces ils ? Où était là-bas ? »