Analyse sémantique du symbole OEGISHJALMR

 
Oegishjalmr ("Heaume de la terreur"en Norrois, antique langue nordique) est un puissant, sinon le plus puissant symbole de protection... et même plus encore...

 

OEGISHJALMR, SYMBOLE A QUATRE BRANCHES

* Considérons-le d'abord dans sa forme la plus simple :

 

Constituée de deux droites croisées perpendiculairement en leur milieu, elle présente ses quatre

segments égaux terminés chacun par une Rune Elhaz en concernant les quatre points cardinaux : Nord, Est, Sud, Ouest.

Et, par extension, les quatre Eléments :

Sachant, évidemment que ces Entités sont des Esprits élémentaux, dont le rôle est d'articuler l'Elément qui leur est propre ; en ceci, au moins deux Traditions se rejoignent :

" Asatru, ou Runisme" et " Qabalah" (ou " kabbale" dont l'origine, pour faire une petite digression, remonte au moins à l’Egypte de la Haute-Epoque...)

Ainsi, Elhaz se trouvant être une Rune tant de protection que de lien avec la Transcendance, on peut supposer que ce premier symbole est une protection dirigée uniquement à l' endroit du contexte purement existentiel :

Les liens protégés/protecteurs connectés avec les " Quatre Piliers" de la Matière paraissent l' avérer.

De surcroît, on peut voir en Elhaz une " Rune liée" : 
                             
Isa coiffée de Kenaz à l'ouverture lumineuse tournée vers l’extérieur ; Isa représentant en l'occurrence l'ego concentré et Kenaz, le Feu inspirateur...par ailleurs une autre vertu de celle-ci est précisément la protection, notamment lorsqu'elle s'affiche aux quatre points cardinaux d’un enclos.

(Je suppose que la haute qualité reconnue de protection attribuée à Kenaz vient précisément du fait sous-jacent de son caractère de lien : Isa et Kenaz sont elles-mêmes protectrices entre autres vertus…)

Cette figure, de par cette définition qui désigne une sorte de "double protection liée", se justifierait donc en tant que glyphe/symbole protecteur.

 

OEGISHJALMR,  SYMBOLE A HUIT BRANCHES

* Considérons ensuite Oegishjalmr dans sa version à huit branches..

Nous avons à faire ici, non plus avec quatre Eléments, mais avec neuf :

1) Les perspectives directionnelles sont développées en :

Nord-est, Sud-est, Sud-ouest et Nord-ouest; ajouts qui renforcent, précisent la protection tout en évoquant d’autres Eléments :

Glace, Fer, Sel, Ecume, Venin... L'Elément Terre se déplaçant alors vers le centre/point de croisement en tant que "synthèse élémentale finale", pour employer l’expression de Edred Thorsson.

Autour de cet Elément de synthèse sont distribués huit Eléments. Ce nombre huit relève d'un excellent équilibre :

2) En nous orientant à présent vers l'armature de ce symbole, on peut distinguer Gebo  en quelque sorte "liée" au graphisme sous-jacent....

Prenons la liberté de considérer cette présence comme une sorte de " Taufr voilé" ou "Talisman caché". Ce caractère est d’importance lorsque l'on sait que pour s'adresser directement aux Puissances, il est nécessaire d'utiliser, logique d’analogie oblige, un langage masqué (d’où la pratique érigée en école des Kenningar et autre Heiti...par digression, un autre peuple a très bien compris cette importance : certaine ethnie d'Indiens d'Amazonie qui a développé à un profond niveau de compréhension ce système de langage du symbole.)

Avec Gebo apparaît non seulement la notion d’échange/communication/harmonie, mais est aussi induite, outre la "charge" qui doit habiter/animer le symbole, la nécessité d’offrir de soi-même à la Transcendance, Gebo signalant, comme l'on sait, qu'un présent en échange d'un autre présent engendre un canal permanent de communication.......

Ce deuxième symbole, à l'instar de la première, concerne uniquement le plan existentiel, mais ce, de manière plus approfondie et intégrale.

 

OEGISHJALMR  SYMBOLE A SIX BRANCHES

* Considérons, enfin, Oegishjalmr constitué de six branches :

 

 

1) On peut voir, en "surimpression", en quelque sorte, (toujours le " Taufr voilé"), deux Runes liées :

Tantôt Gebo et Isa qui rendent l'harmonie définitive grâce à l’immobilité ici positive de Isa, la glace ;

Tantôt deux Elhaz en quinconce,  vie/mort entrelacées, qui semblent figurer les rayons d’une roue pour une vision continue...d’un des visages de l’éternité ?

2) En plaçant cette double Rune liée sur Manaheimr, au sein du schéma de Yggdrasill, elle apparaît immédiatement comme la miniature du plan des six voies d'accès directs de Manaheimr vers Ljossalfheimr, Niflheimr, Jötunheimr, Svartalfheimr, Muspellsheimr et Vanaheimr.    


Manaheimr (Monde du Milieu, de la Matière, et, en l’occurrence des Humains) est un des trois Mondes avec Ljosalfheimr (Monde des Alfes Lumineux) et Svartalfheimr (Monde des Alfes Sombres), qui arbore six voies d’accès, alors que les six autres Mondes n’en détiennent que cinq... (Si l’on considère que six correspond à la Rune Kenaz, le Feu magique maîtrisé, ou à maîtriser, et que cinq indique la Rune Raidho qui correspond aux lois de l’harmonie Cosmique, nous pouvons supposer une sorte de hiérarchie entre les six Mondes, Gardiens, donc, de cette harmonie, et les trois autres Mondes, dont le rôle consisterait à en développer l’articulation à travers un feu de plus en plus maîtrisé ?)

3) Cette fois-ci, les liens protégés/protecteurs ne se connectent plus avec les "Quatre Piliers de la Matière", ni non plus avec les neuf Eléments, mais avec six Mondes de Transcendance !

On est donc désormais en présence d’une nouvelle dimension de Oegishjalmr !

Hypothèse d'école : La nature de chaque lien protégé/protecteur prodiguerait dès lors les émanations positives de chaque Monde concerné, ainsi que, s'il en est, les émanations négatives alors transmutées en positives, les Elhaz occupant alors un peu le même office que les Dreamcatcher amérindiens ? Dans cette perspective, les apports ne seraient plus seulement d'ordre protecteur, mais également de stimuli d’évolution ? Partons de Ljossalfheimr (Monde des Alfes Lumineux) dans le sens dextrogyre, donc évolutif :

Et, dans les "Grandes Coulisses Signifiantes", les Mondes face à face s’équilibrent en se complétant, comme le dit Edred Thorsson : Ljosalfheimr et Svartalfheimr, Niflheimr et Muspellsheimr, Vanaheimr et Jotunheimr.

En conclusion, je crois que l'on peut dire que les deux premiers symboles assurent une protection directement dans "l’existentiel/matériel", chacune dans son option différente, tandis que le troisième s'oriente, en plus d'une protection "essentialisée", vers la transcendance pour recevoir une logistique de stimuli évolutifs...dont les "retombées" sont, évidemment, de l’ordre de "l'existentiel/matériel". Encore faut-il renforcer les ondes radioniques de forme des glyphes par une "charge" appropriée et le "présent"(selon la loi de Gebo) adaptés à chaque contexte...

Il est étonnant que 0egishjalmr en six branches nues, les extrémités rejointes par un hexagone et inscrites dans un cercle figue la " Rune Mère" Hagalaz...et encore plus étrange que, les extrémités prolongées par Elhaz, il paraphrase la figure du cristal de glace vu au microscope...qui n’existait pas chez les Anciens...

Galdar 

Í vé lathu tíl leita frettar árs ok fridar ok nanda litr ok tíl sol í tíl Önd, Alu !